Doris Rajan, directrice du développement social, était à Goa, en Inde, pour faire une présentation au Dialogue Nord-Sud IV – Mettre en œuvre des outils de changement pour l’inclusion. Cette conférence a été animée par le Dr Mithu Alur, fondateur d’ADAPT – Able Disabled All People Together – un partenaire international de longue date de l’Institut IRIS et de l’Association canadienne pour l’intégration communautaire.

Le blogue de Doris ci-dessous reflète sa présentation à la conférence et pose quelques questions stimulantes sur le thème de l’éducation inclusive.

Lorsque j’ai vu pour la première fois où mon bref exposé était inscrit dans le programme, j’ai pensé qu’il avait peut-être été déplacé dans la catégorie « changer les attitudes de la communauté » parce que je voulais parler davantage d’une approche novatrice de développement communautaire enracinée dans les communautés locales, mais qui vise un impact plus large à l’échelle nationale.

J’ai pensé qu’il aurait peut-être été mieux adapté aux discussions des jours précédents sur les « modèles de changement social » étroitement alignés. J’ai pensé au travail que j’avais entendu sur « Différents modèles de changement et de prestation de services » présenté par le Dr Alaa Sebeh et M. Essam Francis d’Égypte. Mais lorsque je me suis assis pour développer la présentation, il est rapidement devenu évident que l’autonomisation pour l’inclusion et l’importance de changer les attitudes, de transformer les valeurs, etc., est une composante essentielle de cette approche de développement communautaire local à national.

L’efficacité de cette approche de développement communautaire consiste à faire en sorte que le leadership vienne des individus et des familles eux-mêmes – ce qui implique bien sûr l’autonomisation – car les personnes handicapées et leurs familles sont celles qui connaissent le mieux les attitudes spécifiques qui doivent être changées dans leur communauté.

Ma présentation a porté sur le fait que, malgré tout le bon travail que nous avons accompli pour faire progresser les droits des personnes handicapées, même si nous avons travaillé sans relâche, généralement de manière très stratégique pour résoudre un problème social, dans ce cas-ci, l’exclusion dans l’éducation. souvent isolé, spécifique dans le temps et, au mieux, fragmentaire.

Il y a vingt ans, au Canada, par exemple, les défenseurs des droits des personnes handicapées se sont concentrés sur le problème de l’exclusion éducative des personnes handicapées. En fait, on pourrait dire que le mouvement familial lui-même au Canada a commencé parce que les parents voulaient que leurs enfants reçoivent une certaine forme d’éducation – des recherches ont été menées pour déterminer la nature, la prévalence et l’étendue de l’exclusion, divers modèles éducatifs ont été élaborés et mis en œuvre, des ONG ont vu le jour avec des efforts concentrés pour éduquer les enfants et accroître l’accès à l’éducation postsecondaire pour les adultes handicapés. Pourtant, malgré deux décennies d’efforts pour s’attaquer à un problème social donné comme l’éducation, peu de choses ont changé. En d’autres termes, nous n’avons pas un grand impact sur le changement au niveau du système ou nous ne faisons pas des choses qui font une réelle différence dans la vie des individus, des enfants ou des adultes.

Pourquoi? Eh bien, les raisons de l’absence de progrès sont complexes et ne peuvent pas être simplement expliquées par l’échec du travail des défenseurs qui s’occupent des politiques sociales et de l’intervention dans les programmes. La façon dont les fonds sont alloués, les réalités financières serrées, les priorités concurrentes avec les groupes de défense des droits qui entraînent des partenariats faibles et l’absence de sens de la solidarité et d’une vision commune peuvent tous influer sur la lenteur des progrès du changement social.

Cependant, nous devons peut-être nous appuyer sur notre connaissance croissante du fait que les interventions réussies au niveau local doivent comprendre l’importance d’une approche globale, intersectorielle, participative et communautaire qui accorde la même valeur au processus et aux résultats. Même si cela se produit au niveau de la communauté locale, la majeure partie de ce travail commence et se termine dans les limites d’une communauté géographique locale, transposant rarement les apprentissages au niveau national. Il existe très peu d’exemples au Canada où les apprentissages locaux sont présentés sur une plateforme nationale où ils peuvent influencer et éclairer les changements de politiques et de programmes à plus grande échelle, ainsi que renforcer les capacités des individus et de leurs communautés et leur donner les moyens d’agir. Il ne s’agit pas seulement d’un problème pour le Canada, mais d’un problème international.

Qu’est-ce qui peut aider alors ? Guidés par un cadre national, des projets enracinés dans les communautés locales visent à renforcer la capacité des communautés locales par l’autonomisation et le leadership de la population la plus touchée, et à travailler avec les secteurs locaux (conseils scolaires locaux, enseignants, directeurs d’école, parents et élèves) qui s’occupent d’un enjeu social particulier, tout en tirant parti du soutien à plusieurs niveaux et en influençant des changements de politiques à plus large niveau (en collaboration avec les ministères provinciaux et territoriaux de l’ Groupes d’éducation et de défense des droits).
 
NA-Salle de classe

 
Qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Eh bien, en termes simples, rassembler des gens de tous les niveaux, de divers secteurs pour avoir des conversations qu’ils n’auraient pas habituellement. Rassembler des gens qui ne se parleraient pas les uns aux autres pour démystifier nos différences et trouver un terrain d’entente ou un processus qui fonctionnera pour tout le monde. Pour que cette stratégie locale-nationale fonctionne, nous devons nous poser beaucoup de questions pour guider notre travail. Par exemple : Quel est le rôle d’un organe de coordination national/local dans une stratégie locale à nationale ? Que faut-il pour mettre en place une infrastructure nationale capable d’aider les communautés locales à s’organiser autour de la question ? Quels partenariats doivent être mis en place et quels types d’investissements sociaux et économiques doivent être engagés aux niveaux local et national ?

La question la plus importante, cependant, est de savoir comment les personnes handicapées et les familles peuvent être habilitées et soutenues pour être des leaders du processus au niveau local.

Nous avons eu une bonne discussion pour voir si cette approche pourrait fonctionner dans d’autres pays ayant des cadres culturels et politiques différents de ceux du Canada, ce qui entraînerait une relation différente avec l’éducation et le handicap.

La conclusion ? Si l’approche vise à habiliter le groupe marginalisé à s’auto-aider à mieux articuler ses besoins et à élaborer des stratégies qui mobiliseront et autonomiseront les divers secteurs, alors une réponse communautaire efficace et une réponse sociétale plus large s’ensuivront probablement.