L’Institut de la Nouvelle Société met en relation les membres des communautés locales et les organisations de base pour créer une solidarité entre les personnes systématiquement marginalisées qui élaborent des solutions aux problèmes ayant le plus d’impact sur leur vie. Depuis 2012, nous avons mis en place des Réseaux de Solidarité pour la Sécurité et l’Inclusion Locale (RSSIL) qui rassemblent des femmes et des personnes de genre divers qui sont autochtones, noires, racialisées, réfugiées, trans et/ou vivant avec un handicap, en particulier des handicaps intellectuels et de santé mentale.
Les réseaux locaux de solidarité en matière de sécurité et d’inclusion sont des acteurs collectifs enracinés dans une communauté locale et géographique, composée de fournisseurs de services de première ligne et de membres de la communauté de diverses populations marginalisées, en particulier les Autochtones, les Africains noirs et d’autres groupes racialisés, les réfugiés et les personnes ayant des handicaps intellectuels, psychosociaux et cognitifs. L’objectif est que ces groupes travaillent de manière solidaire et qu’ils utilisent une perspective sexospécifique pour construire un réseau holistique de soutien autour de ces communautés marginalisées par le biais d’interventions communautaires conçues pour : 1) améliorer la sécurité économique ; 2) améliorer l’état de santé ; et 3) prévenir la violence et y répondre plus efficacement.
Toronto- Un modèle de logement propre aux femmes et aux personnes de diverses identités de genre, où des soutiens culturellement accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, c’est-à-dire un soutien en santé mentale et en toxicomanie adapté à la culture, des conseils autochtones, ethnospécifiques, trans et adaptés aux personnes handicapées, un travail avec des aînés, des leaders communautaires migrants, etc., seront offerts aux personnes marginalisées systémiquement vulnérables à la pauvreté, à la violence et à l’itinérance.
Vancouver– Le Mamook Kloshe Community Safe Hub élargira les programmes existants de la Warriors Against Violence Society, c’est-à-dire la sensibilisation communautaire, le programme pour les aînés, la sécurité alimentaire, les séances de thérapie de groupe, le counseling individuel et familial, le soutien aux besoins de base, les repas-partage et les événements communautaires, en plus d’offrir des services résidentiels à court terme aux hommes autochtones, y compris leurs enfants.
Saint-Jean – Le foyer est un espace communautaire qui s’adresse aux personnes autochtones, noires, racisées, réfugiées, aux femmes trans et aux personnes ayant des déficiences intellectuelles et mentales et qui les soutiennent, et qui est dirigé par ceux-ci. Ce sera un lieu pour les pratiques culturelles et de guérison autochtones ; des approches ethnoculturelles et adaptées au handicap et à la réduction des méfaits ; des approches de la violence fondée sur le genre, sensibles à la culture et au handicap, qui visent à guérir toute la famille ; groupes de soutien par les pairs et travail avec les aînés. De plus, il organise des ateliers artistiques et des événements de célébration pour la communauté.
Winnipeg– Ce réseau de solidarité envisage un espace de rassemblement communautaire qui sera ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et offrira un « cercle de soutien à guichet unique », offrant des soutiens holistiques, où « vous voyez la personne dans son ensemble et les soutiens sont adaptés à cette personne ».
Montréal– Ce réseau se concentre sur les enjeux distincts de Montréal et du Québec. Les participants discutent de la mise sur pied d’un centre communautaire qui offrirait divers services destinés aux réfugiés, aux immigrants et/ou aux personnes racisées, aux femmes, aux personnes handicapées, aux personnes âgées, aux Autochtones et aux personnes 2SLGBTQIA+. Ils sont particulièrement préoccupés par les difficultés qu’ont les personnes marginalisées à accéder aux services et aux soutiens et par le manque de connaissance des services existants. Une autre question de première importance est la sécurité alimentaire et l’idée de distribuer de l’aide alimentaire.
Iqaluit – Le groupe d’Iqaluit est notre plus récent réseau. Ce qui nous préoccupe, c’est que les non-Inuits ont tendance à diriger la plupart des services sociaux et, par conséquent, à prendre les décisions pour les Inuits. Les enjeux doivent être abordés de manière holistique et dirigés par les Inuits. La nécessité d’un « cercle de soutien » autour d’une personne, de tous les services, de la communauté et de la famille qui travaillent ensemble pour soutenir la personne dans sa guérison du traumatisme. Le système de soutien aux Inuits a été mis de l’avant, où des aliments traditionnels seraient disponibles et d’autres soutiens culturels. L’idée d’une épicerie gratuite, où les gens pourraient choisir leurs propres produits, a également été identifiée comme un besoin.
Le New Society Institute (NSI) travaille sur une initiative qui vise à éliminer les obstacles à la participation au marché du travail des femmes sourdes et handicapées marginalisées et des personnes de diverses identités de genre grâce à l’utilisation de la plateforme en ligne, The Accessibility Exchange (TAE). Les communautés « cibles » du projet sont les femmes autochtones, noires, racialisées, non inscrites, réfugiées et les personnes sourdes et handicapées de diverses identités de genre, en mettant l’accent sur les déficiences intellectuelles, cognitives et de santé mentale.
TAE est une plateforme en ligne qui relie les personnes handicapées et les personnes sourdes aux organismes sous réglementation fédérale (BOF), afin de cerner et d’éliminer les obstacles à leurs services, comme l’exige la Loi canadienne sur l’accessibilité. TAE offre aux femmes handicapées et sourdes et aux personnes de diverses identités de genre la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir des consultantes rémunérées, gagnant un salaire réel en apportant leur expertise aux BOF dans des environnements sûrs et sans discrimination.
Dans le cadre de cette initiative, l’INS a également commencé à élaborer des stratégies pratiques qui s’attaqueront aux handicaps distincts fondés sur le sexe et aux obstacles intersectionnels à l’obtention de contrats de travail TAE. Pour que le groupe cible prospère grâce à l’ETA, des stratégies en milieu de travail sont nécessaires pour lutter contre le racisme fondé sur le sexe, le capacitisme, la transphobie, l’audisme et la stigmatisation liée à la santé mentale dans l’obtention de contrats et pour s’attaquer au sexisme intersectionnel et au sexisme dans les pratiques d’embauche du BOF.
WAVS a contribué à faire progresser le rétablissement des femmes autochtones face aux répercussions de la COVID-19 grâce à une approche systémique de lutte contre la VFS. Plus précisément, ce projet s’est attaqué aux obstacles rencontrés par les Autochtones avec et sans handicap, en concevant et en mettant en œuvre un « carrefour de sécurité communautaire » préventif à long terme fondé sur le genre, axé sur les Autochtones et visant à combler les lacunes systémiques dans les services courants de lutte contre la VFS pour les familles autochtones victimes de violence.
L’initiative Traite des femmes autochtones ayant des handicaps intellectuels, cognitifs et psychosociaux : pratiques préventives prometteuses visait à en apprendre davantage sur la spécificité de ces expériences afin d’élaborer et de mettre en œuvre des pratiques prometteuses adaptées à la culture et au handicap pour les partisans communautaires potentiels et les femmes et les personnes de diverses identités de genre elles-mêmes.
Des pratiques de promotion ont été élaborées pour mettre en évidence la nature des expériences de traite, les facteurs de risque, les obstacles aux services et les soutiens nécessaires pour les femmes autochtones et les personnes de diverses identités de genre ayant des handicaps intellectuels, cognitifs et psychosociaux qui peuvent être vulnérables à la traite. Pour plus d’informations, veuillez consulter le rapport : https://irisinstitute.ca/resource/trafficking-indigenous-women-with-intellectual-cognitive-and-psychosocial-disabilities/.
L’initiative Cercles communautaires de soutien : Lutter contre le racisme systémique dans les collectivités locales – Une approche intersectionnelle fondée sur le genre, financée par Patrimoine canadien (2022-2024), vise à rassembler les groupes marginalisés afin de cerner les problèmes de racisme et de travailler ensemble pour promouvoir la sensibilisation dans leurs propres communautés. Dans le cadre du LSISN, les personnes et les communautés ont été encouragées à réfléchir aux diverses façons dont la solidarité peut être utilisée comme outil pratique pour lutter contre le racisme anti-Noirs, anti-Autochtones et d’autres formes de racisme.
L’un des principaux objectifs de cette initiative était de concevoir des outils de sensibilisation communautaires qui pourraient être utilisés par les travailleurs de première ligne des organismes locaux traditionnels et communautaires desservant les communautés systématiquement marginalisées, en particulier les Autochtones, les Noirs, les personnes racisées, les réfugiés et les personnes 2ELGBTBQIA+, les personnes sourdes et/ou les personnes handicapées. Ces fiches d’information fournissent de l’information sur le contexte du racisme structurel, des conseils sur la mobilisation des membres des communautés autochtones et comprennent des questions de discussion pour susciter le dialogue, la réflexion et la compréhension.
L’initiative Vers un chez-soi – Promouvoir un logement inclusif pour les personnes marginalisées ayant une déficience intellectuelle visait à atteindre les objectifs suivants en concevant ou en copilotant des outils et des stratégies fondés sur des données probantes dans trois communautés au Canada : Iqaluit, Toronto et Winnipeg.
Le premier objectif est d’élaborer des ressources et des stratégies pour identifier et répondre efficacement à l’itinérance et à la vulnérabilité en matière de logement vécues par les personnes ayant une déficience intellectuelle. Ces ressources et stratégies seront utilisées par les services publics locaux et les organismes communautaires desservant des populations spécifiques ayant une déficience intellectuelle, notamment : les nations autochtones. les personnes fuyant la violence fondée sur le sexe et les personnes racisées, en mettant l’accent sur les aînés et les jeunes de ces populations.
Le deuxième objectif est d’élaborer des outils et des stratégies pour les dirigeants et les organismes communautaires afin de concevoir des réseaux locaux de solidarité et d’inclusion (RSL) intentionnels afin de s’assurer que les personnes ayant une déficience intellectuelle ne sont pas isolées et vulnérables dans leurs communautés, même si elles ont accès à des logements abordables.
L’objectif général de cette initiative est d’améliorer la capacité des intervenants communautaires locaux à cerner et à répondre à la vulnérabilité en matière de logement des Canadiens marginalisés ayant une déficience intellectuelle.